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 Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE}

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MessageSujet: Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE} Sam 31 Aoû - 19:32


Thomas B. Merryweather






J'ai poussé mon premier cri le 3 Mars 1920 , ce qui me donne alors 93 années passées à Berlin (mais ces naïfs petits humains pensent que j'ai  23 ans.) Je suis un Vampire et mon pouvoir est un don hypnotique. Quoi, ça ne vous dit rien ? Je vais vous expliquer un peu... Lorsque je jette mon dévolu sur quelqu'un - homme ou femme, humain ou pas humain - la personne ne voit que moi, boit mes paroles et ne me quitte plus des yeux jusqu'à ce que je le décide. Il est facile pour moi de baratiner les gens et de leur faire croire un tas de chose sur moi. C'est un pouvoir manipulateur et complètement obscène, ce qui me plait énormément, j'en abuse beaucoup. En même temps, j'ai la faim facile... Et puis, j'ai autant besoin du contact sexuel que du sang. Je vis actuellement à Orten. Je suis une âme perdue qui a du fric à dépenser, sinon je suis acteur et occasionnellement mannequin. On me confond souvent avec Gaspard Ulliel.  


Célibataire Amoureux En couple
Behind apparences.

Remarquable. Je suis un homme remarquable non pas dans la conduite mais dans le genre physique. Disons que je ne passe pas inaperçu auprès de ces dames et parfois même de ces messieurs. Belle stature, 1 mètre 90, musclé juste comme il faut, la peau légèrement ambrée, un regard mystérieux d'un bleu profond, l'air ténébreux... Le parfait cocktail pour faire de vous l'homme sur qui on se retourne. J'avais toutes ces qualités physiques, un seul hic, mes cicatrices. Dispersées sur tout mon corps, il me reste éternellement des marques de mes... Mésaventures. Pour certains cela rajoute un charme, pour d'autre ça dégoûte, à vous de voir. J'aborde constamment un air plutôt froid et distant, ce qui ne fait qu’amplifier la puissance ravageuse de mes splendides sourires. J'ai les dents bien blanches, des lèvres pulpeuses mais quelque peu pâles et des traits fins mais assez marqués. De manière générale je m'habille à la mode en ajoutant quelques petites touches personnelles comme un chapeau, un manteau particulier, etc... On voit à ma façon de m'habiller que je prends soin de moi et de mon corps, je n'hésite pas à frimer un peu mais en toute discrétion, j'énerve beaucoup ces messieurs... J'ai beaucoup d'aisance en public, je suis très charismatique. Mais seulement, je déçois beaucoup.

Un Connard, oui, j'étais un parfait connard. Je joue beaucoup au chat et à la souris. Vous l'auriez deviné, je suis le prédateur. Mon jeu favoris est de courir après les jeunes filles mais pas n'importe lesquelles. Des blondes aux yeux bleus et surtout, de préférence vierge. Oui c'est bien le mot, vierge. C'est... C'est plus délectable si vous voyez ce que je veux dire... Cueillir cette fraîcheur est pour moi un délice de gourmet. Les raisons pour lesquelles je suis le pire des enfoirés, c'est parce que je n'éprouve aucuns sentiments, mais je les joues à la perfection. Il est donc facile pour moi de charmer autrui pour les mettre dans mon lit et plus encore. Ah, une chose que j'estime capitale, le sexe mais pas dans son état le plus primitif. Pour moi, il faut que la passion ce déchaîne, que le désir nous emporte dans des tempêtes océaniques et que cela dure jusqu'au bout de la nuit. En tout cas, c'est vital pour moi, juste avant de passer à table. Je n'attaque pas de personne en dehors de ce contexte, sauf si colère il y a ou si c'est primordiale pour ma non-vie. Je suis quelqu'un de haineux, si je ne vous aime pas, je vous le fait bien sentir. Surtout, si vous trouvez le moyen de me provoquer, je n'attendrais pas le deuxième envoi, on me trouve assez facilement en général. Surtout, je déteste au plus haut point les boches. Enfin je veux dire, les allemands, je peux pas en voir un. C'est aussi pour ça que j'aime me jouer d'eux en les prenant comme victime. Quand je pratique ma "chasse", je me fais délicat, attentionné, poli, romantique, galant, etc... Tout ça avant de vous croquer bien entendu, un service en vaut un autre non ? Avoir mes faveurs est quelque chose de privilégiée tout de même. Oui, je suis orgueilleux comme la pègre. Un ego surdimensionné que l'on ne comprend que le moment venu de mourir sous mes crocs. Je suis assez insignifiant, je vis ma vie au jour le jour sans vraiment me soucier du lendemain, je n'ai rien à perdre de toute façon.

Il y a ce que l'on dit et ce que l'on cache mais surtout... Ce que l'on dit pour cacher ce que l'on veut oublier. Thomas n'a pas toujours était cet homme malhonnête et hypocrite. Bien avant ça, c'était même une jeune homme tout à fait charmant, serviable et poli, très bien éduqué et sans l'ombre d'un travers. Derrière cette carapace blindée, il cache des blessures, d'atroces souvenirs et un caractère fragile et instable. Bien que cela ne se produise que rarement, l'homme s'adonne à des crises de rage assez spectaculaires. Jamais personne ne l'a vu faible, il y a des circonstances et des conditions pour qu'il dévoile doucement ses entrailles, mais ça n'est jamais encore arrivé...



Ça fait parti de moi...

Tomèr Bénaya Minkche-Meyer, né de Bèn Chahar Minkche-Meyer et Dina Lehman un 3 Mars 1920 à Varsovie, en Pologne. C'était mon nom mais tout le monde m'appelait "Tom". J'avais beaucoup d'ami à l'époque, on se serrait tous les coudes, on en avait tous besoin. On était "la bande à Izic" connue dans tout le ghetto, on nous appelait "les Zicoms". Des 400 coups aux chansons polonaises ou hébreuses, nous faisions tout. On vivait de façon quelque peu précaire mais on était heureux comme ça. Toujours fourrés ensemble, chez les uns comme chez les autres on ne se lâchait pas. Malgré mes fréquentations parfois peu respectables, je restais le petit garçon que mes parents m'avaient appris à être : Le fils gentil, serviable, humble et honnête. D'ailleurs, j'aimais énormément mes parents, tout comme j'aimais mes copains. Je n'avais qu'une parole et j'étais un ami de confiance. Notre petit bout de paradis respirait là joie de vivre. Il respirait l'espoir jusqu'à... Ce fameux jour.

Ce fameux jour où nous avions tous compris, adultes et enfants, que même Varsovie ne possède pas de barrière contre les attaques nazis. J'avais grandi, mes amis aussi, mes parents avaient vieilli. Nous étions la nouvelle jeunesse juive de Pologne à nous tous seuls, pensant que les boches ne viendraient pas fouiner dans notre ghetto. Nous l'avions toujours cru jusqu'à ce début de janvier 1943. Nous avions eu tort de fonder tant d'espoir sur la Pologne et sa nation. Il y avait bien eu quelques arrestations mais rien de grave. Ce début d'année, tout alla beaucoup plus vite. La ville se vidait tellement rapidement que je ne vis même pas partir la plupart de mes camarades d'infortune. Mais où est-ce que nous allions ? C'était un sujet tabou et je n'avais jamais compris de quoi il s'agissait. Avec le peu d'amis qu'il me restais, nous regardions Varsovie peu à peu mourir sous nos yeux.

Dans les derniers mois de nos vies dans ce ghetto, je m'étais rapproché d'Izic, le chef de la bande. Lors de mon vingt-troisième anniversaire, j'avais refusé d'ouvrir notre porte à un allemand. C'est ce geste qui avait inspiré tout le respect qu'Izic me portait. C'est alors qu'il me fit part de ses plans. Je venais de mettre le pied dans la cours des grands, ce n'était plus le jeu d'autrefois quand nous faisions la guéguerre avec des morceaux de bois, non, tout cela était bien réel. Nous n'étions plus que 2 anciens amis de la bande, ils étaient tous partis dans ces camions houleux et kaki. Mais la jeunesse juive était toujours là. Garçon comme fille, nous avions entre 13 et 22 ans, une armée de 50 combattants tout au plus pour notre groupe. En tout, nous devions être entre 400 à 1000 têtes prêtes à verser le sang de ces 2100 boches. A cet âge là, on ne connaissait rien de la guerre mais c'était tout ce que nous avions, et on allait se battre. Se battre avec quelques fusils contre ces chars d'assaut et ces mitraillettes qui assassinaient chaque jour un peu plus des 71 000 juifs qui restaient à Varsovie. Nous avions juste la foi, nous pensions que Dieu nous protégerait des démons. Nous avions aussi foi en nous...

19 Avril 1943, la révolution était lancée. Malgré nos petits moyens, le soulèvement c'était bel et bien fait. La surprise avait été de taille pour ces ordures qui ne s'y attendaient pas, c'était bénéfique pour nous. Izic et moi faisions parti des plus vieux avec ceux de la bande à Marek. Nos deux bandes ennemies qui se réunissaient sous ce ciel gris et funèbre afin d'unir nos forces. Ce fut difficile, très difficile. Trop difficile... Nous ne savions même pas si on arrivait à abattre le moindre petit aryen. Les blessures, les pertes humaines... Moi-même j'avais du mal à suivre. J'avais pris des éclats de bombe sur le visage. Mon œil gauche était temporairement aveuglé, du moins j'espérais que ce soit temporaire. Nous étions sales, boiteux et balafrés, nous tenions à peine debout. Étant coupé du monde, nous n'avions presque plus de vivres. C'était le chaos dans les rues, les gens pillaient ce qu'ils pouvaient, agressant même les autres parfois. Je n'en pouvais plus de voir cette vision post-apocalyptique sous les yeux. Notre mission suicide dura près d'un mois...

16 Mai 1943, c'était fini. Tout été fini. Ce soulèvement, nos vies, Varsovie, les juifs... Nous avions tout perdu. Menottés, maltraités, on nous faisait rentrer dans ces camions comme du bétail d'abattoir. C'était peut-être ça après tout. Pendant les ébats de feu et de sang, j'avais vu mon père périr au combat, avec honneur et dignité. Il avait défendu la ville jusqu'au bout, jusqu'à son dernier souffle. Ma mère aussi... Elle avait sauvé ma vie, recevant la balle qui aurait dû se loger dans ma tête à moi. J'allais gâché cette vie gracieusement donnée avec tout l'amour d'une mère en me laissant emporter par ce train à bovin. Heureusement, Izic était toujours là. Lui aussi avait perdu sa famille, sa sœur était morte dans ses bras. Durant tout ce long voyage, nous nous étions rapprochés lui et moi. C'est arrivé au Camp de Treblinka - nous avait-on dit - que les choses prirent une tournure tout autre. On avait été aligné dans la cours. Je devais aller à droite et lui à gauche. Il avait refusé d'obéir aux ordres allemands, s'avançant d'un pas déterminé vers les boches en position de tir. J'avais hurlé son nom en me précipitant vers lui... J'étais mort ce jour là. J'avais 23 ans. On nous a jeté, Izic et moi, dans la fosse commune. Étendu sur un tas de cadavres, j'avais de nouveau ouvert les yeux.

Jurant de me venger, je m'étais évadé assez facilement par la découvertes de nouvelles facultés. Je savais ce que j'étais devenu... J'étais d'abord revenu sur mes pas, découvrant avec désastre les restes de ruines de Varsovie, avant de partir pour Berlin en prenant une nouvelle identité. Thomas Benjamin Merryweather, germano-américain de 23 ans, vendeur de ticket dans un petit cinéma. Je profitais pleinement de mes nouveaux dons que je découvrais, mettant doucement en place ma vengeance en ne tuant que de ces putains de boches. Puis doucement, je me fais un nom, passant de l'autre côté de la caméra et des appareils photos, m'affirmant beaucoup plus. Toutes ces histoires de juifs et d'allemands plongeaient peu à peu dans l'oublie. Mais moi, je n'ai pas oublier... Je n'oublierais jamais... Je parcours donc le monde à la recherche de ces pourritures d'aryens et de néo-nazis qui comprennent un beignet de ce qui c'est passé ces années-là. Mais je m'amuse aussi, profitant de ma nouvelle vie, je n'avais plus aucunes limites, j'avais perdu la foi en Dieu, plus rien ne me retenait.


When I received my Power...

Interminable trajet à travers la Pologne, pays qui avait bercé mon enfance de désillusions. Le bruit criard du train qui roulait sur les rails me déchirait petit à petit l'oreille interne. Je suis comme absent de ce wagon. J'entends ces crissements de ferrailles comme la marche régulière de la mort qui s'affirme vers moi. Je me tenais à la poignet de la porte et Izic se tenait à moi. En même temps nous n'avions pas le choix puisque nous étions écrasé contre la porte du train. Du vrai bétail... Une odeur d'excrément et de cadavre pourri se dispersait dans tout le wagon. Qu'elle puanteur perfide. Dans ce voyage, tu avais déjà de la chance si tu arrivais vivant. Arrivais où d'ailleurs ? Personne ne savait autour de moi, de toute façon je ne savait même pas qui étaient ces personnes. Nous avions peu à peu perdu le groupe de Varsovie, mélangés à d'autres juifs des pays alentours. Il y en avait de France aussi. J'avais ce petit français accroché au jupon de sa mère juste en face de lui. Son petit visage sali respirait la terreur et le doute. Le mien, lui, était froid et dépourvu d'expression. Je donnais l'impression d'attendre la mort de pied ferme. C'était un peu ça. Je fixais ce garçon à peine plus haut que ma taille. Je l'enviais énormément. Il n'avait pas tardé à capter mon regard noir et distant, c'étant retourné pour ne plus me voir. J'avais envie de lui dire qu'il devait s'y habituer, ce sera comme ça avec les boches de toute façon, sans doute pire. Mais je n'en fis rien, il ne comprendrait pas un traître mot de ce que j'aurais pu lui raconter en polonais. En temps normal je l'aurais rassuré d'une caresse sur l'épaule, mais ce n'était pas un temps normal. Il n'y avait qu'Izic pour me ramener à la raison en tirant la manche de ma veste, me signalant qu'on allait pas tarder à arriver.

Les portes s'ouvrent et les "bovins" se précipitent dehors dans une cohue affreuse et bruyante. Je m'étais accroché à Izic pour ne pas le perdre dans ce mouvement incontrôlable. À la sortie de train, on nous fit marcher, longuement. Très longtemps. Nos corps épuisés par le voyage et cette marche avaient du mal à suivre, mais nous devions le faire. Même si c'était voué à l'échec, nous devions continuer, survivre. J'eus un élan de courage et de volonté, je refusais d'avoir vu mourir ma mère sous mes yeux pour rien. En parlant de maman, je ne voyais plus celle du petit français. Prenant des risques, je me retourne. Elle était là, allongée dans la boue, inerte. Son fils pleurait sur sa dépouille des larmes chaudes qui traçaient des sillons rouge sur ses joues, racines ensanglantées d'un arbre de rage qui poussait sur sa tête... Malgré ma fatigue, je me précipite vers lui.

« Ton nom ?
Dis-je d'un français approximatif dans un accent polonais. Il leva des yeux embués et surpris sur moi, me répondant dans la spontanéité.
- An... Antoine Beaugrand, Monsieur.
- Viens Antoine, toi pas devoir rester là, toi devoir avoir courage, là... »

J'avais posé mon index sur son cœur avant de lui tendre la main. Une main qu'il prit sans réfléchir. Je le traînais donc derrière moi alors qu'un Allemand me regardait d'un air sévère. Izic aussi me regardait, contrarié. Mais le gamin trébucha une fois, deux fois... À la troisième fois, dans mes dernières forces, je prends le gamin et l'installe sur mon dos. Arrivant à hauteur d'Izic, il me dévisage d'un air dur. "Allons bon, tu vas te mettre à faire le boche toi ?" Lui avais-je glissé en polonais, plus bas. Il souffla en fixant de nouveau l'horizon marqué d'une grille de barbelé. Nous y arrivions enfin... Mes jambes ne tenaient presque plus. Pressés, on nous accumule dans cette cours boueuse et puante. Une affiche indiquait "Treblinka". C'était le nom d'une ville polonaise à quelques centaines de kilomètres de Varsovie mais ce lieu dépourvu d'humanité ne ressemblait en rien à une ville. Il n'y avait que ces baraquements décrépis rangés en ligne. Ça ressemblait à un usine... Ça puait encore le cadavre croulant mais une odeur de souffre, de gaz s'y ajoutait. Je serrais les dents, faisant doucement descendre le petit gars de mon dos. Je pose ma main sur son épaule et lui souris gentiment. Je ne comprenais pas ce qu'il se tramait ici, j'avais entendu des rumeurs mais je ne pouvais pas y croire. Je n'arrivais pas à imaginer que des hommes puissent faire subir ça à d'autres hommes. Mais merde ! C'est ce qu'on était après tout non !? Des hommes ! Des putains d'hommes ! Pourquoi est-ce qu'on était traité comme de la vulgaire viande de boucherie !? Je serrais mes poings. Izic aussi ne comprenait pas mais il semblait être déjà mort. Il était planté comme un piqué, droit et distant, face à ces crevards qui nous regardaient comme les chiens qu'on était à leurs yeux. Puis l'un d'entre eux sorti une liste à la venu du silence, la dépliant lentement. Il épelait des noms en indiquant la gauche ou la droite. Il appela le gamin vers la droite. D'une dernière tape sur l'épaule, je l'incite à avancer dans cette direction. Puis j'attends, j'attends avec dégoût de savoir quel côté correspondait à quoi et dans lequel j'allais finir. Puis mon nom de juif sonna dans mes oreilles. La droite. Je rejoins donc le petit gars non sans soulagements. Puis vient le tour d'Izic... La gauche. Quoi que l'on face, l'un de nous allait mourir, je le savais au fond de moi, je le sentais. Je ne savais pas comment j'allais perdre la vie mais c'était pour bientôt. Je me sentis terriblement idiot de ne pas lui avoir dit au revoir. Je cherchais donc un contact visuel, ne serait-ce que pour dire "À la prochaine, là haut !" à travers un simple regard... Mais rien. Izic était toujours immobile, face aux boches. Ceux-ci s'impatientaient, mais que fait ce juif qui n'obéit pas aux ordres ? Moi je le savais, et je regrettais l'instant même où je l'avais su...

Tout se passa trop vite pour moi. Izic venait de mettre en route une machine beaucoup trop dangereuse et il ne pouvait pas revenir en arrière. Il marchait dans leur direction, d'un pas ferme et décidé. Je m'étais jeté à sa poursuite comme une mère avec son enfant sur le quai d'une gare. Il était cet enfant qui se jetait sur les rails, ces satanés boches étaient ce putain de train qui allait l'écraser. Izic hurla sur les allemands, les bras tendus.

« Allez-y ! Tuez-moi ! Je préfère mourir ici est maintenant en esprit libre que plus tard en perrissant sous vos ordres ! MEEERDE ! VIVE LES JUIFS ! ALLEZ VOUS FAIRE VOIR LES BOCHES !!! »

Je venais d'attraper son bras. Mon cœur s'écrasait contre ma cage thoracique. J'avais hurlé son nom. Des bruits sourds autour de moi, tout était flou. Il y avait eu une explosion ou c'était moi ? Je ne sais pas pourquoi mais Izic venait de s'étaler dans la boue tandis que moi je tombe à genoux. Que c'était-il passé ? Baissant les yeux au sol, je vois cette traîné rouge jaillir sous le corps inerte de mon ami. Il ne bougeait plus. Izic, qu'est-ce que tu as ? Il ne bougeait vraiment plus... Je porte mes mains sur lui, le retournant. Là, cinq impacts sur son torse et deux sur son visage. Des cris, des pleures qui ce mélangent aux miens. C'était tout près. Je retourne mon visage. Antoine... Dans ma course, j'avais entraîné le gamin avec moi. Lui aussi son t-shirt rougissait... Il s'écroula face contre terre à son tour. Un ultime hurlement, j'avais crié un non dans une expression d'horreur. À genoux, je tourne de nouveau le visage et scrute l'horizon gris. J'avais l'impression que le soleil était mort avec l'espoir de nos vies. Il ne restait plus que ce ciel encadré de boches. Des boches, encore des boches. Mes yeux s'empourpraient dans des larmes chaudes... Je pleurais comme le petit français plus tôt. Je tenais la dépouille inerte de mon camarade dans les bras, son corps ensanglanté collé contre mon torse. J'avais son sang sur les mains. Mes perles d'eau se mélangeaient à la boue séchée sur mon visage. J'avais les yeux levés vers le ciel, suppliant Dieu, me demandant comment il pouvait laisser faire ça. Ma foi en lui s'évappora lentement, dans les mêmes instants où j'entendais ces talonnettes s'enfoncer dans la boue par leur marche lourde et funèbre. La luminosité s'estompe en même temps où l'ombre de ma faucheuse plâne sur moi. Ce morceau de métal froid qui s'appuie contre mon front, me sous-entendant que je devais très vite me remmettre dans les rang. Mes traits n'exprimaient que de la froideur. Je me relève très lentement, le canon gris suivant mon mouvement. Je plante mon regard bleu dans le sien, également bleu. Ces deux océans qui se battent en duel... J'avais une expression sereine. Le colonel que j'avais face à moi était semblable à une machine, cruel et stoïque. Il appuya son arme sur la peau de mon visage, me hurlant de retourner à ma place avant qu'il ne me tue. Son cris strident s'étale en postillons sur mes joues. Une bourasque de mot allemand qui emporte dans son sillage quelques unes de mes mèches boueuses qui cachaient mon front. J'eus un sourire.

« Et bien ? Vas-y, qu'est-ce que tu attends pour m'abattre ? J'emporterais avec moi le salut d'une ville, d'une bande. Je maudis les boches au nom de tous les zicoms, au nom de tous les juifs. Je n'ai plus rien à perdre. Tire, sale chien ! »
Avais-je dit dans un allemand parfait, clair et ferme. Une déflagration, une seule. Je souris dans un rictus puis tombe, face contre terre...

17 Mai 1943, je suis mort d'une balle sur le sommet de la tempe gauche. Mort violente, je n'avais pas souffert. Mais j'ai beau être mort, je vois encore la tête de ces bâtards d'allemands. Ces bâtards qui retournent mon corps d'un coup de pied dans les côtes avant de cracher sur nos dépouilles et de nous traîner jusqu'à la fosse commune. Jeté sur cet amoncellement de cadavres pourrissants, je me déteste, me maudis au plus haut point. J'avais bafoué la vie de ma mère, emportant avec moi celle d'un enfant de la moitié de mon âge... Mort à 23 ans, elle est belle la jeunesse. Mais je me sens étrange tout d'un coup. Mais je suis mort, le mot ressentir ne devrait plus exister pour moi. Mon front me brûle, tout comme le ciel qui me brûle les yeux. Je me redresse lentement. Attendez... Je me redresse ? J'étais vivant !? Non... Impossible. Je sentais ce vide étrange en moi, j'étais devenu un fantôme ? Je me pince, non, j'étais fait de chair et d'os. Ma peau était étrangement pâle. J'avais ce goût délicieux en bouche... Puis je sens ce goût, je sentais l'odeur de ce goût qui faisait frétiller mes papilles en me mettant en haleine. Je capta l'odeur de cette friandise sur ma main. Mais il n'y avait que du sang. Du sang ? Ce liquide écarlate me fascinait. Il y en avait partout, mais trop vieux, tourné, rassi. Je sentais mon corps peu à peu s'affaiblir de nouveau. Je devais manger, sinon j'allais mourir une fois de plus. Mon regard se jeta sur la dépouille d'Izic, mon cher ami... Je le pris dans mes bras, pleurant sur son corps froid. J'étais si près de son cou... Ce fut plus fort que moi. Je venais de planter mes dents dans le cou d'Izic. Je buvais ce liquide encore un peu chaud qui coulait le long de ma gorge. C'était si bon... Mais des larmes coulaient aussi sur mes joues, des larmes de désespoir quant à ma condition et à ce que j'étais forcé de faire pour survivre. Ces larmes emportaient dans leur sillage le peu d'humanité qu'il me restait. Repu, je prends sur mes épaules les dépouilles des deux garçons qui m'ont accompagné dans ces derniers instants. J'avais découvert une force surhumaine. M'évadant du camp, je marche quelques kilomètres et offre sépulture descente à mes deux amis, promettant de ma non-vie que tout les allemands allaient payer de leurs actes, d'une façon ou d'une autre. J'avais désormais... L'éternité devant moi.




When I open the window...


Tu as bien lu le règlement ? Ah oui ? Vraiment, alors prouves-le ! : Oui je l'ai lu, parce que c'est le commencement d'une effroyable fin... Surtout pour vous What a Face
Comment est-ce que tu as connu le forum ? Par une certaine fonda Rolling Eyes
Et comment tu le trouves ? Magnifique *^*
Un dernier mot pour la fin ♥️ ? Cette fois-ci, je suis pas un boulet coincé ! (a)

Code:
[color=#f72f63]✖️[/color] [i]Gaspard Ulliel[/i] → Thomas B. Merryweather


On ne joue pas avec la mort... Alors ne joue pas avec moi, tu t'en mordras les doigts...


Dernière édition par Thomas B. Merryweather le Lun 2 Sep - 18:47, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE} Sam 31 Aoû - 20:20

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa *^* Bienvenuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue :3 ♥️ Boulet coincé >< Tu l'étais pas la bas non plus (a) Razz




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MessageSujet: Re: Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE} Sam 31 Aoû - 20:33

Merciiiiiii *^*
Boooh, quand même un peu u_u (a)


On ne joue pas avec la mort... Alors ne joue pas avec moi, tu t'en mordras les doigts...
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MessageSujet: Re: Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE} Dim 1 Sep - 11:08

 
fiche créée par littleharleen




félicitations : tu es validé(e) !
   « Bon eh bien, tu es speedy *^* Te voilà maintenant Validée ! ♥️ Alors, tout est parfait o/ Je ne sais que te dire Razz Je n'ai donc pas ajouté le petit Thomas dans une classe mais ajouté son métier, et je t'ajoute de suite dans les vampires. N'hésites pas à jouer directement :3 J'espère que tu ne regrettera pas de t'être inscrite ici *^* Bisouuuuuuus &&' Bienvenue *^* ♥️»

Encore bienvenue à toi ! Pour t'aider à démarrer sur The Ether Of Genres, nous t’avons préparé une petite liste de liens utiles! Si tu as le moindre problème, que ce soit de la compréhension ou autre, n'hésite pas à t'adresser à ton parrain/marraine, il est pour ça, ou à n'importe quel membre du staff ou encore aux membres du forum qui pourront peut-être t'aiguiller. Amuses-toi bien parmi nous !





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Souvenirs de Pologne... Attention à vos gorges les amis o/ {TERMINÉE}

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